Le jour où le chemin s’est ouvert
Bromont, Québec — 22 juillet 2015
Anaïs et moi étions de passage au Canada, au fil d’un voyage sur les lieux sacrés du monde. À Montréal, un ami, Donald Doan, nous avait parlé de Mikaël Zayat, « l’alchimiste par essence », comme on l’appelle. Donald est un Québécois qui vient souvent en Europe pour des initiations, et il travaillait déjà avec lui. Il nous avait prévenus : il y aurait sans doute beaucoup de monde, nous ne le verrions peut-être que dix ou vingt minutes. Mais pendant ce temps-là, il serait pleinement avec nous, de cœur à cœur.
Donald nous l’avait si bien raconté que nous avions hâte. Il nous avait parlé de son labyrinthe au jardin, une réplique de celui de Chartres, tracé avec les plantes qu’il distille à l’automne.
Une heure, une heure et demie de route vers les Cantons-de-l’Est. Bromont. Il y avait foule, en effet, mais elle s’est dissipée très vite.
Je me souviens de son premier hug. J’ai senti un homme rempli d’amour : un petit homme à lunettes, avec un cœur immense.
Il était comme sa maison, ordinaire en apparence, mais on y sentait une richesse intérieure. La maison regorgeait d’essences venues du monde entier, il y avait une bibliothèque incroyable, et puis, tout en bas, son temple de création. C’était une petite pièce dans la cave où la puissance est si forte qu’on a l’impression d’être dans un cœur qui bat, tant la vibration y est intense. Un vrai temple, un vrai espace inspirant.
Les quinze ou vingt minutes promises sont devenues quatre heures. Tout le monde était parti, et personne d’autre n’est arrivé, comme si la journée s’était refermée autour de nous.
Le lieu de Mikaël est initiatique, et c’est une véritable initiation que nous avons reçue. Il nous a fait marcher le labyrinthe, puis traverser la roue de médecine. Il nous a fait entrer dans son tipi, installé par des amis d’un peuple amérindien. Nous avons allumé un feu.
Au bout de ce chemin, nous étions prêts. C’est là, près du feu, qu’il nous a proposé de créer notre première essence, celle que nous appellerions plus tard élixir. Elle s’appelait Sainte Anne. Elle deviendrait Anna.
Le 22 juillet, ma vie a été transformée à jamais. Un chemin auquel je n’avais jamais pensé s’est ouvert ce jour-là. Quatre jours plus tard, dans la crypte de Sainte-Anne-de-Beaupré, sainte Anne nous ferait entendre son premier enseignement : chacun est bienvenu dans sa maison.