Dix ans, jour pour jour
Aujourd’hui s’ouvre un mois pas comme les autres. Les Élixirs de l’Âme ont dix ans — et pour les fêter, j’ai choisi quelque chose d’un peu spécial : vous écrire chaque jour, du 1ᵉʳ octobre jusqu’au 1ᵉʳ novembre. Et pour ce premier jour, je veux tracer un parallèle — entre ce que nous vivions il y a dix ans et ce qui se vit aujourd’hui.
Le parallèle est là, limpide. Il y a dix ans, le 10 octobre marquait le début de la création. Cette année, j’ai posé cette même date — le 10 octobre — pour en refermer le cycle. 10/10. Et un 2026 qui, chiffre après chiffre, se ramène lui aussi à dix (2 + 0 + 2 + 6). Un triple dix, pour fêter les dix ans. Comme si le temps avait tenu à boucler lui-même la boucle.
Revenons au commencement. Il y a dix ans, nous étions sur le départ. Londres nous attendait, et avec elle une mission que je portais encore comme une intuition fragile : faire descendre ces élixirs dans la matière. Leur donner un flacon, une forme, une présence au monde — sortir le rêve de l’invisible pour le poser entre des mains.
Cette date du 10 octobre, je l’avais posée dès le mois de juillet, sans aucune certitude que Mikael Zayat serait vraiment disponible. Quand je lui en ai parlé, sa réponse a été simplement : « Si Dieu veut ! » Trois mots qui, aujourd’hui encore, résonnent comme une clé. Je sentais que si ces élixirs devaient vraiment exister, alors tout s’ordonnerait de soi-même — sans garantie, mais avec justesse.
Il le fallait bien, car le reste n’était guère rassurant. Quelques jours plus tôt, en septembre, nous avions lancé une campagne de financement participatif qui n’avançait pas, ou si peu. Les réponses demeuraient évasives, l’horizon incertain. On part parfois sans filet — seulement avec la conviction que le chemin se dessine en marchant. Ce fut, au sens plein, un acte de foi.
Et puis il y avait lui. Mikael Zayat fut l’alchimiste de ces élixirs, mais aussi leur « sage-femme ». C’est un homme incroyable, un sage : il sait tirer le meilleur des essences aromatiques — dans la création comme dans la distillation — et, plus rare encore, se mettre humblement à disposition pour faire naître ce qui demande à venir au monde. Il ne force rien ; il accompagne. Sans lui, ces essences sacrées seraient restées une intention.
À Londres, avant le grand jour, nous avions notre adresse : un restaurant vegan installé dans une ancienne officine, une vieille pharmacie. Si nous y allions, ce n’était pas pour le décor — c’était pour nous sentir sains dans notre corps. Créer ces essences demandait, me semblait-il, d’être nous-mêmes au plus clair, au plus pur : manger juste, léger, vivant, comme une façon de se préparer de l’intérieur. Et il y avait là une coïncidence douce — ces murs qui avaient jadis préparé des remèdes nous nourrissaient à la veille de faire naître les nôtres.
Dix ans plus tard, je peux regarder cette date avec tendresse. Ce qui n’était qu’un élan, une triade d’intuitions et un « si Dieu veut », est devenu une maison : des élixirs, une Académie, des pèlerinages, une communauté d’âmes.
C’est pourquoi j’ai voulu marquer ce mois autrement. Chaque jour, je vous écrirai : un souvenir, une étape, une coulisse. Le mois court jusqu’à Samhain, le début de l’année celte.
C’est le premier jour des festivités. Bienvenue dans ce mois de mémoire et de fête.
La suite dans les prochains épisodes…