L’esprit du pin
Il y a des arbres qui apaisent rien qu'à les approcher. Le pin est de ceux-là : sa résine, son ombre, l'air qu'il rend plus clair autour de lui. C'est cette présence que j'ai voulu garder dans trois élixirs de la maison — Anna, Horus et La Source — tous portés par l'essence de pin.
Le poème qui suit, de Robert J. Schout, dit mieux que moi ce que la proximité des pins fait à l'âme : elle nous rend au silence, au souffle, à la sensation d'appartenir au reste du vivant.
Parmi les genévriers et les pins,
Sur une pente de rocaille rouge et poussiéreuse,
Où des milliards de créatures de la nature et moi sommes assis ;
Là, dans le silence immaculé, j'entends tout.
Je vois le grouillement d'un univers et de ses créatures,
Jusqu'alors inaperçu de l'œil humain,
Trottinant dans un monde qui n'est qu'à eux,
Gracieusement indifférents à tout, hormis les futaies et la pente.
J'entends le souffle de la nature ;
la Terre-Mère qui inspire et expire son amour
pour toute vie ;
son vent qui murmure à mon oreille.
Accordé à l'écho de l'Univers,
son bourdonnement rythmé pulsant à travers tout mon être,
moi aussi je ne fais plus qu'un avec sa vibration,
je demeure, immobile.
Je ressens la paix du ciel sur cette terre,
je vois que nous sommes tous un les uns avec les autres,
tous entrelacés dans la trame de la vie.
Sur cette pente, parmi les genévriers et les pins,
je connais Dieu-Déesse.
— Robert J. Schout (traduction)